Les rêves de Solange font naître des rencontres étranges au chaud de son appartement parisien. Dans celui dont elle s’éveille un matin de janvier, Elsa Köcheln danse le tango avec Isidoro Asconsa. La neige tombe quelque part. Lorsqu’elle se redresse dans son lit, Solange sent autour de ses épaules la chaleur des bras de Hermann Vorberger. Une porte vient de claquer dans la vie de Solange. Elle n’espère plus rien du jeune auteur orageux d’un roman bizarre. Comment pourrait-elle se douter qu’une nuit de tempête de l’hiver qui vient – la tempête du siècle, diront les journaux – elle lui racontera sa première rencontre avec Elsa, sous un pont du centre-ville de Berlin-Est ? Elsa habitait à la périphérie, mais ne voulait pas amener chez elle la jeune femme de l’Ouest. Les murs risquaient d’écouter et les voisins de voir. C’était la RDA. Elsa ne faisait pas de politique. Elle baissera juste un peu les yeux en longeant la statue de Marx et d’Engels, sur la place du même nom, comme si elle av...
Trente ans après, réflexion et fiction autour de la chute du mur de Berlin