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10 novembre 89, vers 11h30

Jean Descours n’a pas vingt ans. Il a moins, un peu. Un peu froid aussi. Ce matin de novembre, il n’a pas allumé la radio. Ni regardé les titres des journaux. Internet n’existe pas, ou alors comme prototype dans quelques laboratoires avancés. Il n’y a pas non plus de téléphones portables.

Il va chercher sa petite sœur à l’école. C’est l’heure du midi. Jean Descours ne sait pas que le monde dans lequel il s’avance n’est plus le même qu’hier. En prenant la main de son grand frère, l’enfant répète ce qu’elle a entendu en classe : le mur de Berlin est tombé. Jean écoute à moitié, plongé dans son propre futur. À son âge tous les rêves sont encore des projets. Il rétorque à l’enfant qu’elle a mal compris. En aparté il pense « elle ne se rend pas compte ». Elle vient tout simplement d’énoncer l’impossible. À l’Est, les communistes sont là depuis toujours, sur son échelle de temps à lui. Il ne peut pas en être autrement. Jean se dit qu’à la maison, il va lui montrer une carte de l’Europe. Qu’il va lui expliquer la différence entre la RDA et la RFA.

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