J’ai lu récemment le très beau livre de Jean-Christophe Bailly, Saisir. À propos d’une statue dans une petite ville galloise, celle d’un enfant du pays, peintre qui a eu une intuition artistique géniale il y a trois siècles, mais dont personne ne sait plus le nom, l’auteur parle d’oubli, ou « pire », de commémoration.
Quand j'ai lu ces lignes, j’avais déjà commencé à écrire ces billets sur « la » commémoration européenne de ces jours-ci. Les mots de Bailly m’ont piquée et m’ont fait réfléchir : pourquoi la commémoration serait-elle pire que l’oubli ?
« La » commémoration… Sur ma lancée, j’avais d’abord écrit au singulier le paragraphe qui suit. Ça ne passait pas. Les phrases se refusaient. J’ai corrigé. « Une, des commémorations », oui, mais « la » commémoration, ça ne voulait rien dire. Et cela nous met sur la piste d’une réponse.
Pourquoi sont-elles pire que l’oubli ? Peut-être parce qu’elles n’ont rien à voir avec le souvenir. Le souvenir est présent si ce dont on se souvient a été fort. Parce qu’elles n’ont pas grand chose à voir non plus avec la mémoire, qui travaille, qui modèle notre présent avec la matière du passé ; la mémoire que notre être travaille en évoluant avec le temps.
Une commémoration induit qu’on impose à un événement du passé une signification précise, trop précise, à des fins présentes, souvent politiques, souvent stratégiques. Et surtout, une signification unique et figée, quand la mémoire et le souvenir sont mouvants.
Faudrait-il abolir les commémorations ?
Quand j'ai lu ces lignes, j’avais déjà commencé à écrire ces billets sur « la » commémoration européenne de ces jours-ci. Les mots de Bailly m’ont piquée et m’ont fait réfléchir : pourquoi la commémoration serait-elle pire que l’oubli ?
« La » commémoration… Sur ma lancée, j’avais d’abord écrit au singulier le paragraphe qui suit. Ça ne passait pas. Les phrases se refusaient. J’ai corrigé. « Une, des commémorations », oui, mais « la » commémoration, ça ne voulait rien dire. Et cela nous met sur la piste d’une réponse.
Pourquoi sont-elles pire que l’oubli ? Peut-être parce qu’elles n’ont rien à voir avec le souvenir. Le souvenir est présent si ce dont on se souvient a été fort. Parce qu’elles n’ont pas grand chose à voir non plus avec la mémoire, qui travaille, qui modèle notre présent avec la matière du passé ; la mémoire que notre être travaille en évoluant avec le temps.
Une commémoration induit qu’on impose à un événement du passé une signification précise, trop précise, à des fins présentes, souvent politiques, souvent stratégiques. Et surtout, une signification unique et figée, quand la mémoire et le souvenir sont mouvants.
Faudrait-il abolir les commémorations ?
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