Le 9 novembre 1938, des attaques d'une violence inouïe furent déclenchées à travers le Troisième Reich par des membres du parti national-socialiste, des paramilitaires SA et des Jeunesses hitlériennes, qui avec l'aide de la population détruisirent des dizaines de milliers de commerces, saccagèrent près de 1400 synagogues et tuèrent au moins 400 juifs. 30 000 autres furent déportés pendant cette "Nuit de cristal", ainsi baptisée en référence aux millions de morceaux de verre brisés. C'était un nouveau seuil dans la cruauté antisémite, préludant aux massacres à venir.
Or s'il était déjà très difficile d'obtenir un visa pour partir avant 1938, à partir de cette date, cela relevait tout simplement d'une mission impossible.
En juillet 1938, face à l'aggravation de la crise des réfugiés juif, le président américain Franklin D. Roosevelt avait convoqué une conféence internationale dans l'espoir d'organiser leur répartition dans un maximum de pays. Les représentants de 32 États se retrouvèrent à Évian-les-Bains, sur les bords du lac Léman, dans la fraîcheur des salons majestueux de l'hôtel Royal. Les délégués internationaux se succédèrent à la tribune pour exprimer leur profonde compasion pour le sort des juifs d'Europe, mais aucun n'offrit l'hospitalité, à l'exception du représentant de la République dominicaine et, encore, en réclamant des subventions. Les États-Unis donnèrent le la en refusant d'élever leurs quotas, suivis par la Grande-Bretagne et la France, malgré les immenses empires coloniaux que possédaient ces deux pays...
Imaginez ces représentants de la "communauté internationale" aux mines contrariées et faussement navrées, prendre des rafraîchissements entre deux discours à l'ombre de l'élégante pergola de cet hôtel où Marcel Proust, fils d'une juive alsacienne, dreyfusard convaincu, avait écrit des passages de La Recherche, un chef-d'œuvre littéraire qui faisait la fierté de la France. La future ministre israélienne Golda Meir, qui avait été invitée à Évian en tant "qu'observatrice juive de Palestine" écrira plus tard : "Être assise dans cette salel magnifique et entendre comment ces responsables de 32 États expliquaient l'un après l'autre à quel point ils aimeraient accueillir des réfugiés mais qu'ils étaient terriblement désolés de dire que c'était impossible... fut une expérience traumatisante."
De quels chiffres parlait-on ? Il s'agisait de répartir entre 32 pays disposant de larges territoires quelques 360 000 juif que comptait encore l'Allemagne, auxquels s'ajoutaient environ 185 000 juif d'Autriche, soit moins de 20 000 personnes par pays.
Après la Nuit de cristal, la Grande-Bretagne fit un geste en acceptant de recueillir 10 000 enfants juifs dans des familles, les Kindertransport. Mais, parallèlement, elle ferma l'une des dernièes portes de sortie des juifs d'Europe, la Palestine, qui était sous mandat britannique.
Extraits du livre de Géraldine Schwarz, Les Amnésiques, Flammarion, 2017, p. 65 sqq
Or s'il était déjà très difficile d'obtenir un visa pour partir avant 1938, à partir de cette date, cela relevait tout simplement d'une mission impossible.
En juillet 1938, face à l'aggravation de la crise des réfugiés juif, le président américain Franklin D. Roosevelt avait convoqué une conféence internationale dans l'espoir d'organiser leur répartition dans un maximum de pays. Les représentants de 32 États se retrouvèrent à Évian-les-Bains, sur les bords du lac Léman, dans la fraîcheur des salons majestueux de l'hôtel Royal. Les délégués internationaux se succédèrent à la tribune pour exprimer leur profonde compasion pour le sort des juifs d'Europe, mais aucun n'offrit l'hospitalité, à l'exception du représentant de la République dominicaine et, encore, en réclamant des subventions. Les États-Unis donnèrent le la en refusant d'élever leurs quotas, suivis par la Grande-Bretagne et la France, malgré les immenses empires coloniaux que possédaient ces deux pays...
Imaginez ces représentants de la "communauté internationale" aux mines contrariées et faussement navrées, prendre des rafraîchissements entre deux discours à l'ombre de l'élégante pergola de cet hôtel où Marcel Proust, fils d'une juive alsacienne, dreyfusard convaincu, avait écrit des passages de La Recherche, un chef-d'œuvre littéraire qui faisait la fierté de la France. La future ministre israélienne Golda Meir, qui avait été invitée à Évian en tant "qu'observatrice juive de Palestine" écrira plus tard : "Être assise dans cette salel magnifique et entendre comment ces responsables de 32 États expliquaient l'un après l'autre à quel point ils aimeraient accueillir des réfugiés mais qu'ils étaient terriblement désolés de dire que c'était impossible... fut une expérience traumatisante."
De quels chiffres parlait-on ? Il s'agisait de répartir entre 32 pays disposant de larges territoires quelques 360 000 juif que comptait encore l'Allemagne, auxquels s'ajoutaient environ 185 000 juif d'Autriche, soit moins de 20 000 personnes par pays.
Après la Nuit de cristal, la Grande-Bretagne fit un geste en acceptant de recueillir 10 000 enfants juifs dans des familles, les Kindertransport. Mais, parallèlement, elle ferma l'une des dernièes portes de sortie des juifs d'Europe, la Palestine, qui était sous mandat britannique.
Extraits du livre de Géraldine Schwarz, Les Amnésiques, Flammarion, 2017, p. 65 sqq
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