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9 novembre 1989

Il y a surtout le téléphone qui sonne chez elle la nuit du 9 novembre. Elsa Köcheln l'appelait de Berlin. Elsa, tu as le téléphone ? Solange, je suis sur le Ku-dam. Pardon ?!! Oui, d'une cabine... Sur le Ku-dam, qu'est-ce que tu racontes ? Oui, à l'ouest, à l'ouest ! Attends, qu'est-ce... Le mur, ils l'ont ouvert ! Attends... Solange, tu ne m'entends pas ? Si... Mais... Le rire d'Elsa dans le récepteur, le rire d'Elsa.
La liaison est coupée. Solange tremble en tournant le bouton de la radio, où l’on ne parle de rien qui l’intéresse ; elle appelle son éditeur – ça ne répond pas ; elle appelle l'AFP – c'est occupé ; elle réussit enfin à joindre Françoise Girard au moment où un flash d'information ouvre une brèche dans son espace-temps : le gouvernement d'Allemagne de l'Est a ouvert ce soir sa frontière. Tous les citoyens ont le droit de voyager. Des milliers de Berlinois de l'Est se pressent de l'autre côté du mur.

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